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Sounds Of Violence Review 'Man Vs. Monster'

'propose l’un des meilleurs albums, car complet et personnel, de ce début d’année' - 4.5/5

C’est deux bonnes années après la parution de leur première réalisation discographique, le single "Machine Parts", et au terme d’un défilé de prétendants au poste de bassiste depuis deux mille trois, l’année de création du groupe, que Fighting With Wire nous délivre son premier opus, 'Man Vs Monster'. En effet, celui-ci, enregistré depuis huit mois, voit enfin le jour et trouve finalement le chemin des bacs par le truchement de Smalltown America, le label inventif qui a révélé, entre autres, Jetplane Landing, et qui a toujours été fidèle au trio de Derry.

Souvent assimilée au courant du rock très musclé, raffiné, torturé et un tantinet intello d’outre-Manche et, de fait, comparée à Biffy Clyro ou encore Sucioperro, la formation tente, dès l’introduction de l’album, le superbement efficace Cut The Transmission, de se démarquer de l’image qu’elle s’est forgée durant ses années d’errances musicales. Aux mélodies plus chaotiques et progressives de leurs homologues, lesquelles sont volontiers pétries de breaks et autres circonvolutions rythmiques, Fighting With Wire oppose un son urgent, étouffant et débridé à la fois, à l’image de l’école irlandaise, incarnée par Therapy?, dans "Everyone Needs A Nemesis", ou encore de celle, écossaise, que représentait jadis Kerbdog, dans My Armoury.

Tout au long du périple proposé par 'Man Vs Monster', s’enchaînent des morceaux à la fois très proches de par leur construction et la couleur musicale fondée sur un déferlement électrique jubilatoire rehaussé par un jeu de batterie époustouflant, mais aussi possédant, chacun, une touche subtile d’originalité, une tonalité différente, comme si la même chanson était déclinée en autant d’univers parallèles. Ainsi, The Quiet se distingue de Strength in Numbers par un chant plus neutre et homogène, oscillant moins entre détachement et hystérie.

Témoignant d'une véritable personnalité, malgré le grand classicisme des compositions et les références évidentes au rock percutant de ces dernières décennies et bien que ne créant pas un son nouveau, Fighting With Wire s’intercale entre Funeral For A Friend et Biffy Clyro, un créneau laissé vide dans le paysage anglais, et propose l’un des meilleurs albums, car complet et personnel, de ce début d’année.

- Jimprofit, Sound Of Violence